Que faire pour changer le système ?

Publié le par Edysseus

 

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"Si vraiment le cancer pouvait être guéri sur une base purement mécanique et matérielle, cela fait longtemps que ce serait fait. Il est donc plus que temps d’intégrer une nouvelle dimension au problème, en reconnaissant pleinement le rôle joue par le psychisme et les émotions."


 

Cela veut-il dire que c’est sans espoir ?


Certainement pas. C’est juste qu’il faut être capable de mettre en place un débat de fond sur ce thème, en surmontant les peurs que nous avons projetées sur cette maladie.

Aujourd’hui, le cancer fait l’objet d’une véritable psychose sociale, et dès qu’il est question de remettre en question le système de traitement actuel, il se produit une levée de bouclier immédiate.

Chaque année, le cancer coûte plus de 200 milliards de dollars aux Etats-Unis, et cette somme ne cesse d’augmenter. Aujourd’hui, les grands groupes pharmaceutiques produisent une quantité colossale de médi-caments, mais il s’avère que la plupart d’entre eux n’ont au mieux qu’une action palliative ou nulle face au cancer, à la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer, au diabète, au sida ou à la sclérose en plaques. Quant à la recherche génétique, en dépit des grands espoirs qu’elle a suscités, il apparaît maintenant de façon de plus en plus évidente qu’elle a abouti à un échec. La première modification génétique d'un animal de laboratoire remonte à 1980, et plus de 15 000 différents modèles animaux transgéniques ont été créés à l'échelle mondiale depuis ; mais, en dépit de vingt ans de recherche sur de tels animaux et de l'application de centaines de thérapies géniques sur des dizaines de milliers patients dans le monde, la médecine n’a obtenu que des résultats très décevants : jusqu'à présent, pas un seul patient n'a été totalement guéri et, depuis 1998, plusieurs sont morts à cause d'une thérapie génique.

Bien sûr, il est tout à fait incontestable que les patients sont mieux accompagnés qu’auparavant, mais il faut bien admettre que les résultats sont désespérément maigres par rapport à l’énergie économique et intellectuelle investie.

Face à cette situation, la médecine institutionnelle exige toujours plus d’argent et de moyens. Pourtant, un nombre croissant de chercheurs commencent à réaliser que, avant d’être une question de moyens, cette impuissance chronique de la médecine vient peut-être surtout d’une question d’approche. Ils en viennent ainsi à remettre progressivement en question les présupposés de leur discipline, préparant ce qui se révèle comme une révolution imminente.

Voilà pourquoi, depuis quelques années, on assiste à une montée en puissance de toutes les disciplines que la médecine officielle considère comme secondaires : homéopathie, ostéopathie, diététique, acupuncture, etc. Petit à petit, les gens réalisent que les médicaments ne résolvent pas tous les problèmes, et qu’une bonne santé dépend avant tout d’un équilibre global incluant aussi bien l’alimentation que l’environnement humain, social et naturel. Mais le vrai point sensible – celui qui va de plus en plus sous-tendre les débats à ce sujet – est avant tout le rapport entre le corps et l’esprit.

Si vraiment le cancer pouvait être guéri sur une base purement mécanique et matérielle, cela fait longtemps que ce serait fait. Il est donc plus que temps d’intégrer une nouvelle dimension au problème, en reconnaissant pleinement le rôle joue par le psychisme et les émotions.


Compte tenu de tous ces éléments, pourquoi est-ce que les médias ne relaient pas le débat ?


C’est vrai que les médias jouent un rôle vital dans la façon dont notre société évolue. En particulier, c’est la télévision, aujourd’hui, qui décide en grande partie si une nouvelle idée sera acceptée ou pas.

Or, tout le malheur, c’est que, même si les journalistes n’hésitent pas à s’engager pour faire éclater des scandales relatifs aux grands problèmes de société, ils sont très conformistes dès qu’il s’agit de la science. N’étant généralement pas compétents en ce domaine, ils s’en remettent aux spécialistes, qui à leur tour se contentent de donner le point de vue de l’institution (dans la plupart des émissions, les commentateurs qui interviennent sur les sujets de santé sont des médecins qui représentent le système, donc qui sont juge et partie). Il suffit qu’une approche s’écarte trop des sentiers battus et, presque toujours, c’est l’accusation d’irrationalisme ou de sectarisme qui tombe, avec à la clé une forme de censure par le silence.

Cela répond d’ailleurs à la question de savoir comment il est possible que ces théories sur le cancer existent depuis des années, que des milliers de patients aient été guéris, et que, pourtant, personne n’en parle. La réponse tient au fait qu’il s’agit d’idées profondément en contradiction avec l’idéologie en place, et que la peur du ridicule et de la critique est aujourd’hui telle que la plupart des scientifiques et des médecins préfèrent se taire. Par souci de préserver leur image, ils s’en tiennent aux théories officielles, ce qui entretient un fort conformisme intellectuel. Le public n’entendant pas parler de toutes les autres approches, il s’imagine facilement qu’il n’existe qu’un seule forme de vérité scientifique.

C’est pourtant dans la logique des choses que les médias s’intéressent de plus en plus à toutes ces nouvelles formes de médecine. Chaque année, le système de santé français est de plus en plus critiqué (déficit de la Sécurité sociale, surconsommation de médicaments et d’antidépresseurs, maladies nosocomiales), et le nombre des patients guéris par des méthodes « alternatives » de plus en plus important. A un moment ou à un autre, il va donc bien falloir donner la parole à cette nouvelle génération de thérapeutes, pour qu’ils fassent enfin entendre un autre son de cloche que celui de la médecine d’Etat.


Quelle peut être le rôle des patients ?


Le rôle du patient est énorme, puisque tout le système est organisé autour de lui. Seulement, il faut qu’il prenne l’initiative, car la pression interne venant du corps médical ne suffira pas à amorcer un changement significatif.

A notre sens, ce qu’il faut condamner dans toute cette affaire, ce ne sont ni les médecins, ni les patients, ni même le système en tant que tel, mais un renoncement collectif. La responsabilité commence au niveau du malade : il est plus simple, en effet, de prendre des médicaments en se disant que ça va tout arranger que de repenser son mode de vie et ses habitudes. Voilà pourquoi, plutôt que d’initier un véritable travail de remise en question, la plupart des malades préfèrent déléguer leur droit de réfléchir et de décider au médecin. Mais ils oublient que ce dernier est en proie à la même faiblesse et que, à son tour, il a tendance à déléguer son pouvoir au « système ».

Or, le système, investi de tout le pouvoir cumulé à ces deux niveaux, répond en appliquant à la lettre un certain nombre de protocoles qui ignorent complètement la spécificité de chaque individu. Résultat : d’un côté, une population de malades apeurés, tenus prisonniers dans un environnement froid et inhumain, et, de l’autre, une organisation de médecins paralysés par les incertitudes.

Il faut que le dialogue humain reprenne ses droits. Car tout comme les malades sont trop souvent paralysés lorsqu’ils sont en face de l’autorité médicale, les médecins se complaisent trop facilement dans l’image d’infaillibilité que les patients projettent sur eux. En dialoguant avec les médecins, les patients leurs donnent aussi des éléments pour évoluer.


Quelles mesures peut-on prendre au niveau de l’état ?


L’Etat peut faire beaucoup, mais il ne faut pas attendre de lui qu’il mette en place des solutions radicalement nouvelles sans avoir eu auparavant de nombreuses garanties.

De ce point de vue, la difficulté vient du manque de crédibilité des chercheurs qui défendent la psychosomatique. Ces derniers, plutôt que de présenter un front uni, ont une forte tendance à épuiser leur énergie en querelles de chapelle, ce qui handicape fortement ce mouvement. En outre, plutôt que d’accepter humblement que leur théorie puisse présenter des faiblesses, il n’est pas rare qu’ils se réfugient dans une forme de dogmatisme, bloquant ainsi les possibilités de dialogue avec la médecine officielle.

Il serait donc logique de commencer par lancer, en collaboration avec les praticiens qui emploient ces thérapies, une série d’études sous le patronage des institutions, dans le but de montrer le rôle précis du psychisme dans la maladie (et pas simplement le rôle de la volonté de guérir, qui n’en est qu’un aspect).

Ensuite, sur cette base, il faudrait demander l’application toute simple du principe de précaution, qui consiste à donner au patient la possibilité de choisir entre différentes approches pour traiter sa maladie. Le discours du système de santé, en effet, se veut progressiste, et même les esprits les plus rigides admettent à présent que l’esprit peut contribuer à guérir le corps. Or, cette ouverture reste purement théorique, puisque dès qu’un cancer est diagnostiqué, on envoie automatiquement le patient à l’hôpital pour qu’il y subisse un traitement chirurgical et chimique.

Compte tenu de tout ce que la médecine actuelle sait de la psychosomatique, de l’effet placebo et du rôle du cerveau, il est totalement injustifiable de continuer à priver ainsi le patient de toute liberté de choix.

La moindre des choses est de l’informer des options alternatives, en lui laissant le soin de se faire une opinion par lui-même. C’est la seule façon de respecter la liberté individuelle, qui est trop souvent piétinée aujourd’hui au nom d’impératifs sécuritaires. Par ailleurs, il n’y a qu’ainsi qu’il sera possible de déterminer pratiquement quelle approche est la meilleure, en laissant chaque médecine faire ses preuves de façon équitable, et en gardant toujours à l’esprit qu’en dehors de toute question théorique, c’est la santé du patient qui compte par-dessus tout…

 

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