Sortir de la pensée médicale unique

Publié le par Edysseus

 

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"Le problème n’est donc pas tant de savoir quels sont les faits que de savoir quelle grille de lecture du monde nous utilisons pour les interpréter. "


 

Mais comment expliquer que personne ne se soit aperçu de l’existence de telles contradictions dans les chiffres ?

Ce phénomène d’aveuglement est une très bonne illustration de ce qui se passe lorsqu’une pensée unique domine une discipline.

Les médecins qui objectent que la psychosomatique n’est pas valable ne le font ni en raison de son manque d’efficacité, puisqu’il existe tout de même de nombreux témoignages de personnes soignées et guéries par ce biais, ni à cause de son manque de preuves – puisqu’elle possède une face expérimentale certes encore faible mais néanmoins existante, mais sur le fait que la nature même de la connaissance qu’elle propose est profondément étrangère aux catégories de la science médicale actuelle.

Toutes les médecines holistiques, comme l’homéopathie, l’ostéopathie, la psychobiologie, la bioénergétique ont en effet cette caractéristique de penser l’homme comme le produit d’une interaction constante entre le corps et le psychisme. La psychosomatique, en particulier, est une théorie du sens total des phénomènes, et elle ne fait par conséquent que revenir à la question du pourquoi de la maladie.

Par opposition, la médecine d’école, qui s’appuie sur des catégories causales mécanistes, n’en cherche que le comment, cette limite représentant pour elle l’horizon indépassable de la connaissance. Elle se limite ainsi à un sens faible du phénomène, si bien que les conclusions et les solutions auxquelles elle aboutit évoluent à l’intérieur d’un espace de pensée limité dès le départ par ses propres présupposés.

En fait, la plupart des phénomènes que nous avons soulevés précédemment sont parfaitement connus des cancérologues, qui sont régulièrement confrontés à des cas d’examens contradictoires, à des cancers en sommeil, et à des tumeurs fugaces : en pratique, très peu de maladies dites « dégénératives » se plient fidèlement au comportement que l’on attend d’elles.

Toutefois, tout en étant consciente de ces incohérences, la médecine institutionnelle ne cherche pas à les réorganiser dans un modèle plus intelligible, car elle estime que celui qui est actuellement en place présente un degré de scientificité maximal. C’est la raison pour laquelle beaucoup de spécialistes tendent à ignorer purement et simplement les objections formulées par les partisans de l’approche holistique. Considérant que ces théories se basent sur des principes scientifiques invalides, les médecins classiques les traitent comme n’ayant aucun valeur théorique, même si elles guérissent dix fois plus de patients.

La plupart des cancérologues se contentent de postuler que les contradictions que soulève l’approche matérialiste et déterministe sur laquelle ils s’appuient ne sont que temporaires, et ils trouvent ainsi une excellente raison de se dispenser d’engager un débat sur la question.

Or, si leur modèle est bien cohérent quand on considère le monde depuis un point de vue figé, il apparaît extrêmement limité dans une perspective réellement complète. Une fois que l’on a compris la richesse et la logique du rapport entre corps et esprit, l’approche médicale dite « classique » apparaît comme un ensemble flottant d’hypothèses de remplissage, dont le seul vrai point commun est de considérer que la plupart des maladies graves ne répondent à aucun objectif physiologique du corps. Le problème n’est donc pas tant de savoir quels sont les faits que de savoir quelle grille de lecture du monde nous utilisons pour les interpréter.

En dépit de tout cela, il y a des études qui semblent contredire de façon directe les expérimentations de la psychosomatique. Par exemple, les expériences sur les animaux prouvent le caractère cancérigène de certains produits.

 

L’une des principales critiques opposées à la théorie psychosomatique est que les expériences menées à grande échelle en laboratoire « prouvent » clairement qu’un certain nombre de produits sont effectivement cancérigènes. Mais il y a deux façons très différentes d’interpréter les résultats de ces expérimentations animales.

Pour arriver à déterminer la possible corrélation entre le psychisme et la maladie, le célèbre biologiste Henri Laborit a placé des animaux de laboratoire face à une situation de danger. Puis, il a étudié la façon dont leur système immunitaire réagissait selon qu’ils pouvaient se défendre ou s’enfuir, ou selon qu’ils se trouvaient dans une situation de totale impuissance. Or le résultat de ces expérimentations a prouvé de façon parfaitement claire que, dans une situation où l’animal ne peut ni fuir ni combattre, ses défenses immunitaires s’effondrent, ce qui permettrait de mettre le stress au premier rang des facteurs de la maladie.

A partir de là, il est facile de démontrer que le principal élément que négligent les expérimentations en laboratoire dans le déclenchement des maladies, c’est précisément ce simple fait que la maladie peut être provoquée non par le produit testé, mais par les conditions de l’expérimentation elle-même. Au sens de la psychobiologie, ce qui provoque le cancer chez l’animal n’est pas tant l’injection d’un produit cancérigène que l’arrachement d’avec son milieu naturel, la suppression de la liberté de mouvement, l’agression que représente la perforation du corps par la seringue, bref l’ensemble des conditions dans lesquelles il est placé, et qui font partie intégrante de toutes les réactions que son organisme va présenter.

D’ailleurs, malgré l’utilisation dans le monde de milliards d’animaux de laboratoire depuis l’après-guerre, le sida, les maladies d'Alzheimer et de Parkinson, le diabète, la sclérose en plaques, la fibrose kystique, la paraplégie, la plupart des cancers, des rhumatismes et des maladies cardio-vasculaires restent incurables, et ne cessent même de progresser.

Certes, les cancers provoqués de façon purement biochimique existent, mais ils ne représentent qu’une partie de ceux qui se développent effectivement dans l’organisme. Le problème, ici comme ailleurs, est d’arriver à avoir une vue plus globale des choses et à déterminer l'importance relative de chaque facteur en faisant l'effort de tous les intègrer.

 

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