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"On a souvent défini la pensée et la science occidentales comme matérialistes. Cependant, ce qui définit avant tout lidéologie scientifique actuelle est quelle repose sur un dualisme entre le corps et lesprit, quelle considère comme deux réalités qui ne dialoguent pas entre elles."
Est-ce que la psychosomatique nest pas, en définitive, une sorte de « médecine dEtat à lenvers » Cest-à-dire que là où la médecine officielle réduit tout ou corps, elle réduit tout à lesprit ?
Tout dabord, il faut être conscient de la pluralité des disciplines que lon retrouve sous le vocable psychosomatique. Pour des raisons de clarté, nous avons puisé des éléments dans chacun des différents courants qui la composent dans le but den faire ressortir les arguments les plus frappants, mais en réalité, il y a autant de points de vue particuliers que de médecins. Quand au reste, nous pensons quil faut effectivement se méfier dune certaine intransigeance que lon retrouve chez certains défenseurs de la psychosomatique, et qui est en quelque sorte le reflet inversé de celle que présente la médecine dEtat. Par exemple, ce nest pas parce que lon défend lidée que lesprit peut guérir le corps quil faut renoncer à toutes les luttes qui ont été initiées pour la défense des droits des consommateurs ou contre la pollution, les déchets toxiques et les substances nocives introduites dans le circuit alimentaire. Les poisons que certaines industries introduisent dans lécosystème ont un effet nocif indiscutable sur lenvironnement, et nul ne songerait à discuter le danger quils représentent pour lorganisme humain. En ce sens, largument dorigine psychosomatique de la maladie na été que trop souvent utilisé par les grandes sociétés désireuses de minimiser les conséquences négatives de leurs actes sur la santé publique. De la même façon, il faut se méfier dune philosophie romantique de la nature qui voudrait que lon puisse tout guérir sans intervention humaine. Chaque jour, des personnes gravement blessées, empoisonnées, malades, sont admises aux urgences hospitalières, et sont sauvées grâce à lefficacité de la chirurgie et des médicaments, qui arrivent aujourdhui à accomplir des prouesses que nimporte quel médecin du siècle précédent aurait considérées comme irréalisables. Mais ça nest pas, pour autant, quil faut totalement négliger le rôle du psychisme et tout ramener à une vision strictement mécaniste et matérialiste. Donc, le problème viendrait du matérialisme ?
A lheure actuelle, si une personne a un trouble physique, elle va voir un médecin généraliste, qui va probablement lui conseiller de prendre des médicaments ou de se faire opérer. Dans la mesure où il estime que tout est déterminé à un niveau biochimique, il écartera la possibilité que lesprit de son patient puisse réellement avoir une influence sur la maladie. En revanche, si cette même personne présente un trouble psychique, alors elle ira voir un psychologue, un psychanalyste ou un psychiatre, parce que « cest dans la tête », et que les problèmes psychologiques ne sont aujourdhui envisagés quau niveau psychologique. Entre ces deux mondes, il y a un mur, et rares sont les thérapeutes qui le traversent, dans un sens ou dans lautre. Cependant, tout le problème est quun grand nombre de réactions biologiques se décident au niveau du cerveau, et que le cerveau est le siège du psychisme. Si vous avez peur, votre rythme cardiaque accélère. Si vous êtes agacé, votre estomac se met à produire de lacide, au point que vous pouvez développer un ulcère. De façon générale, le simple fait dentendre une nouvelle qui nous choque ou qui nous attriste a tendance à affecter notre état de santé, et il nest donc pas du tout contradictoire dimaginer que lesprit puisse influencer physiquement le corps. Réciproquement, tout trouble physique affecte notre comportement, et il nest donc pas non plus contradictoire denvisager que, parce quelle a été blessée au visage ou quon lui a amputé un sein, une femme puisse faire une dépression. La relation marche dans les deux sens. |
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J'article sur la psychosomatique est passionnant et très complet. Bravo.
Juste une remarque par rapport à cette façon de pener très répandue, sur le lien esprit/corps, qui m'a toujours étonné.
Voyons les choses autrement : qu'est-ce que l'esprit, que sont les émotions ? Le corps fonctionne, utilisant pour tramsmettre ses messages et ses ordres entre le sytème nerveux, les organes et les muscles divers moyens : des neurotransmetteurs, des neurones véhiculant des influx, des hormones… Tout influe sur tout ; un dysfonctionnement du foie provoque une atonie ou mélancolie, il affecte donc en retour le système nerveux etc..
Il s'agit donc d'un système complet, non pas hiérachique : ce n'est pas le cerveau qui "commande" le reste en toute autonomie, comme un chef suprême, il n'est lui même un élément du système parmi d'autres, influencé lui aussi par tout ce qui se passe ailleurs dans le corps. Ce rsystème est lui-même un sous-système de la société, de la famille etc…les stimulis extérieurs, dont les stimuli sociaux.
L'esprit est donc une vue de l'esprit. Nous pensons avec nos hormones, nos organes, tout notre corps. Nous pensons avec toute la société autouir de nous.
Quand nous inventons un mot (un concept) nous "réifions" : parcque le mot existe, alors nous croyons que c'est une "chose"
La "rotation" d'un moteur n'est pas une chose posée sur le moteur, ce n'est que le mouvement normal du moteur, qui est fait pour çà.
De même, la "circulation" (du sang) n'est pas une "chose" dont on doit se demander si elle est liée au sang ou pas,c e n'est que le mouvement du sang.
H. Laborit écrivait :" l'esprit est le mot qui désigne le système nerveux (ou le corps)
en action"
Alors…la question "y a t-il une relation corps esprit" est absurde, comme est absurde la question de la relation sang-circulation.
Vu comme çà, la psychosomatique va de soi. A l'inverse, c'est l'invention du concept d' "esprit" (qui provient sans doute historiquement de son équivalent religieux - l'âme - ) qui nous a mené à inventer cette idée tordue d'une médecine non-psychosomatique.
De fait, le concept d'" esprit" n'a rien de scientifique, parce qu'il en recouvre rien de constant ou de défini, sauf une représentation populaire du monde, issue, je le répète, des religions.
Les mots nous trompent, parce qu'ils existent, nous croyons que la "chose" qu'ils désignent existe aussi.
NB : le schéma montrant les 3 niveaux Esprit -> Cerveau -> Corps, est de ce point de vue très naïf.