Partager l'article ! Le cancer, une stratégie d'adaptation au stress ?: Article précédent Article suivant CITATION « Il e ...
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CITATION « Il est folie de vouloir guérir le corps sans vouloir guérir lesprit. » Platon
Dire, comme le fait Groddeck, quun traumatisme psychique peut causer des troubles visuels est une chose, et prouver quil peut provoquer une maladie aussi grave que le cancer en est une autre. En quoi le fait de déclencher une maladie mortelle comme le cancer peut bien aider lorganisme à « survivre » ?
Cest ainsi que Claude Sabbah, un cancérologue contemporain, à mené une série de travaux pour démontrer que le cancer nétait pas une maladie dégénérative à proprement parler, mais une réponse de lorganisme à un conflit vécu dans lisolement, et ressenti comme particulièrement dramatique, au point de mettre lexistence elle-même en jeu. Selon cette approche, le cancer nintervenait pas comme une simple erreur génétique, mais comme un mode de reproduction cellulaire de crise, venant répondre à un stress particulièrement intense.
Admettons, par exemple, quun homme apprenne quil est licencié. Totalement désemparé, il vit dès lors dans la peur terrible de ne plus avoir le minimum nécessaire pour vivre. Son cerveau analyse cette situation comme un conflit de survie, qui se résume ainsi : « Je ne vais bientôt même plus avoir de quoi me nourrir. »
Cependant, le problème nest pas de « vouloir guérir ». Il est de comprendre que la maladie découle en réalité directement dun conflit somatisé faute davoir pu être exprimé. Prenons, par exemple, le cas dune mère de famille particulièrement soucieuse de limage que les autres se font delle. Un beau jour, elle découvre que son mari la trompe. Ne voulant pas admettre que le tableau idéal quelle se faisait de son existence soit bouleversé du jour au lendemain, elle semploie alors à effacer le sinistre événement de sa mémoire. Néanmoins, elle ne peut sempêcher de ressasser ce qui sest passé, et incapable de surmonter un profond sentiment déchec, elle en vient à douter de plus en plus de son aptitude à assumer les responsabilités dont elle sest chargée dans lexistence. Reflétant symboliquement ce profond sentiment d « effondrement de la structure » qui soutenait jusque-là son existence, son cerveau programme un cancer des os, qui se manifeste quelques mois plus tard. Commençant une thérapie classique en milieu hospitalier, elle demande alors à faire partie dun groupe détude qui cherche à déterminer linfluence de la volonté sur lévolution de la maladie. Or, en dépit des diverses techniques de relaxation ou de visualisation auxquelles elle sapplique, le cancer progresse. Devant un tel cas, la médecine classique conclura à labsence dinfluence du psychisme sur le corps, et postulera donc que tout se décide au niveau du corps, ce qui justifiera un traitement purement chimique et chirurgical. Toutefois, ce qui va échapper à ce point de vue, cest que le cancer de cette femme nest pas lié à un quelconque facteur pathogène ou génétique, mais à un conflit de dévalorisation, qui continuera à alimenter la propagation du cancer tant quil ne sera pas résolu. A linverse, dans le cas dun jeune homme qui aurait, pour sa part, développé un cancer suite à une rupture ressentie de façon particulièrement tragique et qui aurait résolu son conflit en tombant amoureux dune infirmière, la médecine conclura que la chimiothérapie a été particulièrement efficace. Or, du point de vue de la psychosomatique, ce qui aura réellement décidé de la guérison nest pas le traitement médical, mais la résolution du conflit. Il ny a donc rien de contradictoire à ce que de telles études laissent dans lombre linfluence réelle du psychisme, compte tenu du fait que la maladie apparaît précisément à cause de lincapacité dans laquelle le sujet se trouve de verbaliser sa souffrance.
Or, devant une situation de stress permanent, lorganisme, plutôt que demployer une stratégie à court terme comme celle de la décharge dadrénaline, tend à prendre des mesures dexception, en accroissant lactivité cellulaire dans les organes quil perçoit comme étant soumis au danger le plus direct. Pour illustrer ce processus, on peut prendre lexemple dun renard qui na pas mangé depuis plusieurs jours et qui est sur le point de mourir de faim. Entendant passer un lapin dans les parages, il le pourchasse, mais, juste au moment où il parvient enfin à le capturer et quil se prépare à le dévorer, arrive un chasseur. Nayant pas le temps de dépecer sa proie, il décide alors de gober tout entière une patte du lapin et de déguerpir à toute vitesse. La patte quil vient davaler, bien quelle lui fournisse de la nourriture, risque fort de le tuer en provoquant une occlusion intestinale. Ne pouvant ni la rejeter ni la digérer, le renard se trouve dans un conflit de survie. Pour le résoudre, le cerveau du renard va enclencher un programme de production de cellules digestives plus performantes, qui vont proliférer et lui permettront de digérer cinq fois plus vite que des cellules ordinaires. Le programme reste en place le temps nécessaire pour que la digestion se fasse complètement, et, une fois cette dernière accomplie, le cerveau donne aux cellules de lestomac lordre de cesser de produire ces cellules spéciales. Lorganisme se met alors à produire des bactéries qui les éliminent, car, si elles restaient vivantes et actives, elles finiraient par présenter un danger pour lorganisme. Or, si lon ouvre lestomac du renard à ce moment-là, on pourra voir les cicatrices laissées par une tumeur nécrosée. Ces supercellules en question ne sont rien dautre quun cancer, qui a été utilisé par le cerveau pour répondre à un conflit qui a mis en jeu la survie de lorganisme. Il faut savoir que lune des caractéristiques des cellules cancéreuses, en dehors du fait quelles se multiplient à vitesse exponentielle, est leur suractivité. Ainsi, une cellule cancéreuse de lestomac digère beaucoup plus efficacement quune cellule normale, une cellule du poumon a une capacité déchange oxygène-sang accrue, une cellule du pancréas produit beaucoup plus dinsuline, et ainsi de suite. En elles-mêmes, les cellules cancéreuses ne sont pas dangereuses, elles se comportent simplement comme des cellules travaillant à un régime beaucoup plus élevé que les cellules normales. Elle ne deviennent mortelles que quand le cancer, au lieu de disparaître après avoir rempli sa fonction, nen finit pas de la remplir, et se met à croître au point de perturber gravement le fonctionnement dun organe. On comprend ainsi que, bien que potentiellement très dangereux, le cancer peut se révéler, en un autre sens, utile à lorganisme.
Cest ce qui explique que, bien que le cancer soit une stratégie de survie, il puisse parfaitement provoquer la mort. Dans le cas dun animal sauvage, la question ne se pose pas, car il vit en harmonie avec son milieu naturel : lorsque son cerveau ordonne à son organisme de développer un cancer, cest généralement pour répondre à un danger qui menace effectivement sa survie. Cependant, il en va tout différemment pour un être humain, chez qui une information virtuelle ou symbolique peut avoir autant dimpact quune réalité physique. A partir de là, on peut comprendre comment le cerveau peut déclencher un cancer sur la base dinformations trompeuses.
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