Deux visions de la maladie

Publié le par Edysseus

 

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CITATION

« Il est folie de vouloir guérir le corps sans vouloir guérir l’esprit. »

Platon  


 

La série d’articles que vous trouverez ici est tirée du livre La vérité sur le cancer, que la médecine ne vous dit pas encore, écrit par Boris Sirbey et publié aux éditions Edysseus en janvier 2005.

Il n’a pas été rédigé par des médecins, mais par une équipe éditoriale désireuse de faire part de ses découvertes aux internautes. Le but de ce dossier est d’analyser que rôle joue le psychisme dans le déclenchement du cancer. Plus largement, il est de répondre à la question de savoir quelle place exacte peut avoir le vécu personnel des patients dans la maladie et dans la guérison.

Nous avons choisi ce mettre en avant ce débat parce que nous pensons qu'il montre très bien en quoi la plupart des impasses auxquels nous avons abouti en tant que société viennent d'une forme de pensée unique (et, en l'occurrence, de pensée médicale unique).

Dans la continuité de notre philosophie éditoriale, nous avons présenté ce débat sous forme de question/réponses, en prenant systématiquement point de vue inverse de celui de la médecine actuelle sur la maladie, pour finir par montrer en quoi on peut faire la synthèse des deux visions, celle qui voit dans la cancer une maladie d'origine physique et l'autre une maladie d'origine psychique.

Nous vous souhaitons une bonne lecture…


MOTS-CLÉS DE CE DOSSIER : cancer, maladies dégénératives, psychosomatique, psychanalyse, décodage biologique, psychobiologie, bien-être, stress, médecines alternatives.



 

CORPS OU PSYCHISME ? DEUX VISIONS DE LA MALADIE


1. L’approche de la médecine officielle vis-à-vis du cancer

La médecine actuelle considère le cancer comme le résultat de l’apparition d’une cellule anormale qui, après avoir été mise en contact avec une substance pathogène, se met à se multiplier sans aucun contrôle. Apparaissant d’abord dans un organe donné, le foyer primitif libère alors des cellules cancéreuses capables de former, dans d’autres parties du corps, des métastases, c’est-à-dire des cancers secondaires.

Les cellules cancéreuses se reproduisant beaucoup plus rapidement que les cellules ordinaires, les perturbations qu’entraîne le cancer finissant inévitablement par provoquer la mort. Par conséquent, il est justifié d’employer des moyens particulièrement drastiques. Parmi ceux-ci, on compte notamment :


- La chimiothérapie, qui consiste à injecter volontairement dans la corps des substances nocives afin de ralentir la prolifération des cellules cancéreuses.

- La radiothérapie, qui utilise les rayons X, gamma ou les radiations inonisantes pour détruire les cellules cancéreuses dans un endroit donné du corps.

- La chirurgie, qui consiste à ôter mécaniquement la tumeur.

A côté de ces thérapies classiques, se développent un certain nombre de nouvelles approches prometteuses :

- Les médicaments ciblés. Ces médicaments sont capables de stopper la reproduction d’un certain type de cellules dans le corps. Il est ainsi possible d’empêcher le cancer de se répliquer dans un organe donné, tout en permettant à l’organisme de continuer à fonctionner. Elles sont beaucoup plus efficaces et bien moins mutilantes, mais encore en cours de développement (on ne dispose aujourd’hui de médicaments ciblés que pour un nombre limité de cancers)

- Les nanotechnologies. Les progrès de la robotique et la miniaturisation rendent aujourd’hui envisageable d’injecter dans le corps des machines minuscules qui auront pour rôle de l’entretenir et de prévenir la maladie « de l’intérieur ». Bien que cette idée semble relever de la science-fiction, de nombreux laboratoires développent des projets de ce type, et on peut s’attendre à ce que les premières applications thérapeutiques apparaissent dans les décennies à venir.

En soi, ces approches sont tout à fait cohérentes dans leur façon d’envisager la maladie, sauf sur un point, qui est qu’elles se basent toutes sur une conception strictement mécaniste du corps.

Or, la médecine sait très bien que certains cas, un grand stress ou un grand chagrin peuvent affecter profondément la santé d’une personne. Les maux de têtes, les ulcères, certains troubles cardiaques peuvent avoir un origine psychosomatique, et sur cette base, un certain nombre de chercheurs ont avancé l’idée que le cancer lui-même pouvait être lié à des facteurs psychologiques.

Une véritable alternative : l’approche psychosomatique du cancer

Historiquement, le fondateur de la psychosomatique - c’est-à-dire la science qui étudie les rapports entre le corps et l’esprit - est Georg Groddeck, médecin allemand du début du siècle.

Ses travaux sont beaucoup moins connus que ceux de Freud, mais il à pourtant développé une approche extrêmement intéressante pour démontrer la relation précise qui pouvait exister entre le psychisme et les troubles organiques.

Prenons par exemple le cas de l’anorexie, qui est l’une des maladies qui continuent à mettre en échec la médecine actuelle : envisagée d’un point de vue biochimique, elle apparaît comme un véritable casse-tête. A partir des données qu’elle possède, en effet, la médecine hospitalière voit dans cette affection le résultat d’un déséquilibre biochimique, principalement dû à un excès de sérotonine, qui « agit » sur le cycle alimentaire. Sur la base de cette approche, elle conclut donc que la seule façon de guérir une personne atteinte d’anorexie est de faire baisser le taux de ce produit dans son organisme.

Le seul problème, c’est que lorsque le cerveau constate une baisse du taux de sérotonine dans l’organisme, il réagit en multipliant les capteurs des cellules nerveuses pour l’absorber plus efficacement, ce qui enclenche un cercle vicieux. L’approche mécaniste de la médecine officielle aboutit ainsi à une impasse, puisque, en dépit de la panoplie de dispositifs technologiques spécialisés, coûteux et extrêmement complexes dont elle dispose pour observer le cerveau et tous les processus qui s’y déroulent, elle se trouve finalement dans une situation où plus elle essaie de guérir la maladie, plus elle la complique. C’est ce qui explique que, aux yeux d’un certains nombres de spécialistes, cette maladie reste fondamentalement incurable.

Néanmoins, si elle apparaît comme un inexplicable dysfonctionnement envisagée du point de vue d’une théorie qui ramène tout au corps, cette maladie est parfaitement explicable du point de vue psychologique. Ce qui provoque l’anorexie, en effet, est toujours un conflit déclencheur : il s’inscrit dans une stratégie qui est censée répondre à une situation traumatisante. Par exemple, dans le cas d’un divorce, une jeune fille peut cesser de s’alimenter pour punir ses parents ou s’attirer leur affection ; ou alors, ayant été violée, elle peut grossir ou maigrir pour rendre son corps moins attractif. L’anorexie peut donc très bien être résolue par une thérapie psychologique, mais elle ne peut en aucun cas l’être par une approche strictement biochimique, qui dans le meilleur des cas ne fait jamais que soigner les symptômes. Or, on voit bien que, dans un tel cas, non seulement la fantastique machinerie technologique dont s’arme la médecine moderne ne constitue pas une aide indispensable, mais qu’elle se révèle en outre le principal obstacle à franchir quand il s’agit de comprendre réellement le sens d’une affection.

En quoi cette théorie s’applique au cancer ? Pendant longtemps, Groddeck a employé les médicaments et les méthodes classiques de la médecine pour traiter ses patients, mais quelque chose l’a frappé chez ceux qui souffraient d’un cancer. Dans une grande majorité de cas, en effet, les patients qui avaient vécu un certain type de conflit souffraient aussi d’un certain type de cancer, presque toujours le même. Partant de l’intuition que les cancers n’apparaissaient jamais tout à fait au hasard, mais avaient toujours une signification précise dans le vécu du patient, il a alors entrepris de recouper les données psychologiques avec les différents types d’affection, ce qui lui a permis de mettre en corrélation la nature des conflits psychiques et le lieu de formation de la maladie. Démontrant que le cancer et les autres maladies dégénératives sont en réalité le produit d’un conflit psychologique vécu avec une intensité vitale et dans l’isolement, l’incapacité de verbaliser étant l’un des facteurs clés de leur déclenchement, il a alors pu élaborer une explication précise du rôle que le cancer jouait dans l’économie générale de l’organisme. C’est ainsi qu’est née la théorie psychosomatique de l’origine du cancer.

 

GRODDECK, Walter Georg (1866-1934)

D'origine allemande, Georg Groddeck travaille d'abord comme médecin avant de s'intéresser à l'esprit humain. Il renonce alors à l'utilisation des médicaments et s'emploie à soigner d'abord les maux de l'âme. A travers une série de livres fondateurs (Le livre du Ca ; la maladie; l'art et le Symbole), il démontre le rôle des facteurs psychiques dans le déclenchement de la maladie.

Il nouera une correspondance avec Freud et collaborera avec d'autres psychanalistes célèbres comme Ferenczi, et restera dans l'histoire comme le fondateur historique de la psychomatique.

Citation : " le désir refoulé se manifeste par la maladie"

 

 

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