Parmi les pins

Publié le par Claude Vidal

 
PARMI LES PINS

par CLAUDE VIDAL



Vous pensez, vivez - doucement, placidement
Vous méditez, sereinement, paisiblement.

Le promeneur qui vient, de la ville agitée
L’oreille encor emplie, de vibrantes clameurs
Vous croirait figés, pétrifiés, paralysés
Moi, je sens votre vie, je sens votre magie.
C’est un bienheureux songe, une méditation...

Pendant qu’autour, là-bas, les hommes se déchirent
S’abreuvent sans répit, de souffrance et jouissance
Vos superbes houppiers, s’éploient vers les cieux purs.
Que n’as-tu fait, Nature, à ton image l’Homme?
Ce fou sans fin courant, pour assouvir ses vices.

Ô penseurs végétaux, sachez que j'exècre
Cet avide bourreau, qui, taillant votre flanc
Ravit sordidement, votre humeur bénéfique.

Ô je voudrais sentir, mes bras se transformer
Devenir lentement, de flexibles ramures
Tout mon corps se roidir, en un solide fût
Puis mes doigts s’étirer, s’allonger en aiguilles
Ma chair devenir bois, mon épiderme écorce
Mes jambes s’enfoncer, dans le sol nourricier
Pour vivre parmi vous, mes compagnons aimés.

 

 

 

Publié dans CONTE D'AUTEUR

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